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LIVRE QUATRIÈME.
dans sa constitution avortée qui l’épouvanta elle-même. Elle lança bien ce décret, mais le suspen-dit aussitôt. La grandeur de ce coup d’audace,si la nation devait rester calme et statuer suivantses instincts du jour, la grandeur de cet attentat,si la multitude devait s’emparer du droit de suf-frage et statuer suivant ses passions, passa le cou-rage des hommes du 21 janvier et du 31 mai 1793.
Cependant, proclamer le suffrage universel etle renier tour à tour, comme font nos révolu-tionnaires nouveaux, est une faiblesse. Le procla-mer, et se contenter de six cent mille électeurs,comme fait M. Barrot, est une inconséquence. Sile droit est au nombre, livrez-lui le pouvoir sansbalancer; car le droit est le maître de ce monde,un maître absolu devant qui nous devons tousfléchir. Aucun de nous n’a reçu du ciel la per-mission de transiger à ses dépens ; il n’est pas depérils qui doivent être invoqués. Si Dieu a fait lessociétés humaines pour que le nombre soit la loivivante, fiez-vous à lui du soin de faire sortir dela loi, ainsi entendue, le bien-être et la grandeurde l’humanité.
Si, au contraire, le nombre n’est pas la baselégitime de la répartition des droits politiques,gardez-vous de lancer aux masses excitées, commeun appât de sédition, ces mots terribles ; cher-chons loyalement où le droit réside. Il ne peutêtre dès lors que dans les garanties d’ordre ; et vous