LE PARTI RÉVOLUTIONNAIRE. 353
examinerez, en votre âme et conscience, quellessont les régions sociales qui réunissent la triplecondition de vouloir l’ordre, de comprendre sesconditions et de pouvoir les maintenir.
Parlez-nous de M. de Cormenin! Voilà un ap-prenti qui donne aux maîtres des leçons, un soldatqui donne aux généraux des exemples. Publiciste,il ne recule devant aucun péril; logicien , devantaucune conséquence. M. de Lafayette lance leprincipe et s’arrête : c’est un encens dont il n’en-voie au peuple souverain que la fumée. M. deCormenin, au contraire, promet à la multitudel’État tout entier, et le lui livre sans miséricorde.C’est F un des esprits les plus progressifs qui sesoient vus. Il ne s’arrête dans le gouffre démocra-tique que lorsqu’il a touché le fond, lorsqu’il arencontré le droit égal du pair de France et del’homme en haillons : c’est lui qui l’a dit. L’hono-rable publiciste aura le droit de mêler à ses lam-brequins la devise fameuse qui offusqua LouisXIV : Jusqu’où ne dois-je pas aller?
En distinguant, dans le suffrage universel, cesdeux choses, la doctrine même et le parti qu’onen veut tirer, l’idée philosophique de Benthamet le but où tendent nos tribuns,que faut-il penserde la doctrine? Est-elle en soi la vérité, mêmespéculative? la justice, même abstraite ? le droit,même absolu? Nous ne saurions le penser. L’idéedu nombre se fonde sur le principe que l’homme
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