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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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354 TjIVRE quatrième.

intelligent n’existe pas ou qu’il est sans droits,que l’homme extérieur est tout; elle nous traitecomme des unités égales, comme des chiffresdont la valeur ne varie point; elle ne fait nulleacception des lumières, de la moralité, des ser-vices. Pour rendre tous les hommes égaux, elleles mesure tous au niveau du dernier d’entre eux.C’est le poids dont elle tient compte, et non pas lavaleur; la force, et non l’intelligence; le nombreenfin, et non la capacité. Elle ne dépossède passeulement le riche de ses richesses, mais le lettréde ses lumières, le magistrat et le guerrier de leurstitres à la gratitude des hommes; elle prend l’a-dolescent et le vieillard, le valet de ferme, le pi-queur de bœufs, le maçon, le terrassier, puis unTacite, un Démosthène, un Scipion, et leur dit :« Vous êtes tous égaux en science et en autorité! »Encore, n’est-ce point là le langage qui seraittenu. Au fond, on ne veut pas même de cette éga-lité sauvage. On se promet de dire à l’élite des na-tions : « Rampez, soyez des ilotes ; à d’autres quevous, plus nombreux, et partant plus forts, latoute-puissance ! » Abominable pensée qui déca-pite, dépouille et dégrade la nature humaine,sous le prétexte de compter les peuples partêtes, comme les troupeaux. Mais est-ce bien partêtes que l’on compte les troupeaux? Non ; parmieux on distingue. Celui qui vend, celui qui achètene prennent pas en bloc. Le berger reconnaît,