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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LE PARTI RÉVOLUTIONNAIRE. 355

dans ce peuple qu’il mène, des différences et desmérites; il place les plus intelligents à la tête. Pâ-tres du genre humain, vous nous traitez plus du-rement; vous nous proposez un niveau mortel;vos faux semblants d’une égalité d’argile et. depoussière seront Tunique privilège de l’humanité.

C’est que vous n’entendez pas l’égalité elle-même mieux que la liberté ; vous portez partoutvotre confusion de ces deux choses qu’il faut dis-tinguer : les droits et le pouvoir. De l’égalité desdroits vos rhéteurs déduisent l’égalité de pouvoirdans la société et dans l’État. Ils ne savent pas quel’égalité des droits est une fiction, une admirablefiction de la loi française, qui dit au faible, àl’indigent, à l’illettré, à l’incapable, au mineur :« Je vous suppose tous adultes, robustes, éclai-rés ; ou plutôt je vous fais tels : car je vous prêtema force, mes lumières, mon autorité ; chacun devous sera libre envers et contre tous; le fort, ledocte, Je riche, l’illustre seront sans puissancesur vous ; je rends tous les hommes égaux en sécu-rité, en liberté, en dignité. » Maintenant, de cettefiction généreuse, le chef-d’œuvre de la civilisa-tion, le bienfait de l’ordre social, législation toutedivine dont notre patrie a seule la gloire complèteet le complet partage, de cette fiction, disons-nous, on veut faire une réalité et la pousser ensuiteà ses extrêmes limites, sans savoir que c’est toutdétruire. De ce que le faible, l’indigent, l’illettré,