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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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35 6 LIVItE QUATRIÈME,

ont droit à la liberté, on veut leur reconnaître ledroit à la puissance; c’est-à-dire, substituer à leurdroit sur eux-mêmes le droit sur autrui. On ne secontente plus que la société s’interpose tout entièrepour leur assurer, des biens le plus grand, celuide ne dépendre que de soi; on entend que les au-tres aussi en dépendent. Ce n’est pas assez de leurfaire part égale dans le fonds commun des richessessociales; on leur livre la société même à régir. Onle veut, ou on s’y expose : car ils ont la majorité.Il n’y a que leur bon sens qui puisse préserver euxet nous de leur domination. Elle anéantirait l’é-galité, la liberté, la civilisation, tous ces fleuronsde la couronne de l’humanité, qui sont l’ou-vrage et l’honneur de la partie intelligente desnations! Votre système nous fait rétrograder dudroit social au droit naturel. Or, le droit naturelest le règne de l’inégalité, d’une inégalité univer-selle et impitoyable, qui ne se relâche point, nefait pas de lois contre elle-même, n’invente pasdes fictions pour élever à soi tous les hommes.Cette inégalité sauvage, cette oligarchie grossière,s’appelle le droit du plus fort.

Voilà où mène la doctrine du suffrage univer-sel , considérée en elle-même, indépendammentde son application, indépendamment des circons-tances de temps ou de lieux qui pourraient en mo-difier accidentellement le caractère. On se consoledes conséquences que nous signalons, par la gloire