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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LE PARTI RÉVOLUTIONNAI RE. 357

de la logique. Eh bien! celte gloire, il faut la luiravir; il faut prouver qu’elle aboutirait à être anti-sociale, sans même s’être montrée conséquente.

En effet, est-il vrai que les plus déterminés etles plus absolus soient fidèles à eux-mêmes? Ap-pliquent-ils réellement leur propre principe?Point : car ils ne comptent pas toutes les têtes; ilsne s appuient pas résolument au grand nombre;ils laissent en dehors de leurs combinaisons lestrois quarts numériques de la société. Pourquoi lesfemmes ? pourquoi les mineurs ? Les femmes n’ont-elles pas une tête à compter, une vie, des intérêts,des droits à défendre; une main pour tracer unvote, et (chose que vous appréciez peu, mais quenous autres nous comptons) une âme qui sent, unesprit qui pense, enfin une volonté intelligente qui,chez les Marie-Thérèse, les Staël, les Duras, chezM mc de Sévigné, chez M mc Rolland, et dans toutesles classes instruites, vaut bien celle du bûcheronet du tourneur? Dites de quel droit vous frappeztoute cette grande moitié de la population humained’esclavage politique ! Aussi, faut-il dire que quel-ques-uns des vôtres réclament... Ils sont dans levrai.

Et les mineurs ! à quel titre proscrivez-vous cettegrande moitié de la population mâle? N’admettez-vous pas, simplementparce qu’ils sont adultes selonle calendrier, des hommes illettrés qui, selon l’es-prit, sont éternellement en minorité ? Vous n’avez