358 LIVRE QUATRIÈME.
point le droit de prononcer cette exclusion de lajeunesse; car tout votre système repose sur la foliede Rousseau : qu’il n’y a point de représentationlégitime, que chacun fait valoir ses droits en per-sonne. Les mineurs n’ont-ils pas des droits à pro-téger? Quelle est, suivant le droit absolu, la diffé-rence entre l’homme de dix-huit ans, de vingt anset celui de vingt et un ? Comment interdire le droitde suffrage à ces étudiants de vos écoles, en quivont célébrez le droit de révolution avec trans-port? Vous voyez bien que votre suffrage universeln’est pas universel, qu’il ne comprend pas mêmetous les citoyens vraiment actifs, qu’en réalité ilest dévolu à une minorité, au cinquième des na-tions. Il constitue par conséquent un privilège.A la vérité, le privilège ne consiste qu’à être mâleet à avoir déjà du poil au visage. Eh bien ! ce n’estque le plus brutal de tous ceux qui ont été in-ventés parmi les hommes.
La plupart des publicistes de cette école veulentbien nous faire une concession qui circonscrit en-core davantage le privilège , sans diminuer peut-être le péril social. C’est aux propriétaires du solqu’ils proposent de restreidrele suffrage universel.S’ils reconnaissaient qu’ils changent par cela mêmede principe, qu’à celui du nombre ils substi-tuent celui de la propriété, il y aurait là du moinsune pensée conforme à la vraie nature des sociétés.Mais si on prétend rester fidèle à la doctrine du