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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LE PARTI RÉVOLUTIONNAIRE. 36g

à l’entrée, des mots trompeurs! Prévenez nous,comme le Dante, qu’il faut laisser là l’espérance.L’hypocrisie ne va pas au géant populaire. Vousqui parlez en son nom, avouez que vous voulezla tyrannie, la tyrannie par le peuple, et, s’il fautvous en croire, pour lui. Dites en un mot que legouvernement révolutionnaire est votre utopie.Et que la fortune vous le donne, si notre patrie abesoin encore de châtiments ! Mais laissez-nousintact et pur le saint nom de liberté. Vous savezbien que la liberté n’a rien à voir à vos maximesni à vos œuvres.

En effet, la liberté n’existe qu’à la condition dene compter pour instruments et pour supports,entre les forces vives des nations, que les forcesintelligentes et morales. Appelée à mettre en actiontout ce qu’il y a de généreux, d’élevé, de vraimentlibre dans la nature humaine, elle dispense lesdroits à tous, comme une mère qui allaite du mêmesein ses enfants jumeaux diversement traités par leciel; mais, tutrice bienfaisante, elle ne donne lepouvoir qu’à ceux qui lui promettent de culti-ver et d’agrandir le patrimoine intellectuel dugenre humain , à ceux qui sauront accroître sesrichesses en comptant sa dignité pour la premièreet la plus noble de toutes.

Et ne nous reprochez pas de constituer ainsi legouvernement de la minorité. Ce reproche, nousvous le renvoyons. C’est bien aux droits de la ma-

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