Buch 
Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
Entstehung
Seite
370
JPEG-Download
 

370 EIVRE QUATRIÈME.

jorité que la liberté s’appuie. Seulement l’hommeextérieur n’est pas tout pour elle. En fait demajorité, ce qu’elle apprécie par - dessus toutechose, c’est la majorité des garanties données, deslumières acquises, des charges supportées, desservices rendus.

Les masses n’ont point de goût à la politique;leur instinct, ce génie populaire qu’on invoque,leur révèle qu’elles sont impropres à gouverner.Quand on leur offre paisiblement des droits pu-blics, elles s’étonnent et répondent : « Vous» raillez ! » On ne citerait pas une seule insurrec-tion spontanée de la multitude pour obtenir dupouvoir plus que pour obtenir de l’instruction.Elle sent qu’étrangère encore à l’une, elle doit lereste à l’autre. Quand nos lois électorales ont sou-levé des émeutes, vous n’auriez pas rencontré dansles rangs de la sédition un homme qui fût inté-ressé au succès des demandes de l’opposition. C’é-taient tous des prolétaires ou des imberbes, c’est-à-dire qu’ils plaidaient pour d’autres que poureux-mêmes, et par conséquent qu’ils s’étaientarmés pour autre chose que ce qu’ils annon-çaient.

Dans la révolution, nous l’avons vu, on trouvaitla foule pour des coups de main. Mettre des ci-toyens à la lanterne, outrager une reine, traînerun roi prisonnier, tout cela était de son ressort;mais fallait-il délibérer aux jacobins, s’assembler