LE PARTI RÉVOLUTIONNAIRE. 383
jours selon M. Baude, des étudiants, victimesd’une politique anti-sociale, subir volontairementce supplice de M. Magallon contre lequel nousavons tant protesté tous, celui d’ètre accouplés àdes forçats. C’était le premier châtiment de fac-tieux qui prétendaient secouer le joug des lois, cejoug dont Rousseau a dit si bien que les têtes lesplus fières et les plus élevées s’y plient docile-ment, précisément parce qu’elles sont faites pourn’en point porter d’autres.
Aussi l’émeute joignait-elle la méthode au dé-sordre et la discipline au vandalisme. C’était unesédition régulière qui se promenait parles rues,en bon ordre, enseignes déployées, ayant seule-ment la précaution de mettre un crêpe au dra-peau national. Au fait, on ne pouvait lever cedrapeau , qui a tant renversé de capitales et detrônes, pour forcer les portes d’une prison etcasser les vitres d’un ambassadeur, sans se rendrela justice de sentir qu’on le déshonorait. *
L’émeute est la continuation du gouvernementde l’Hôtel-de-Ville ; c’est l’Hôtel-de-Ville dans lesrues; c’est la république en expectative et presqueen fonction : obstacle et danger permanent dugouvernement de 1830, qui se perpétuera soustoutes les formes, tour à tour sédition, club, com-plot, attentat, insurrection armée, selon que lafaction aura plus d’audace ou plus de décourage-