384 LIVRE QUATRIÈME.
ment, et ne différant de soi-même qu’en ce qu’onsoulèvera des pavés ou bien des poignards.
On va demander si nous imputons tous les atten-tats qui ont attristé la France au parti entier quenous combattons. Non, sans doute ; la passion nenous fait pas confondre les hommes qui ont sim-plement le désordre dans l’esprit comme leur gé-nie familier, le génie de Socrate ou de Platon , etceux qui le veulent dans les rues, lui mettent lefer à la main et lui disent : «Va ! » Mais si le partirévolutionnaire n’est pas tout entier dans l’émeute,rémeule est dans le parti révolutionnaire; elle enfait une portion intégrante, et cela suffit assuré-ment pour la lui imputer.
D’où vient, d’ailleurs, que jamais aucun des ora-teurs de l’opposition n’a désavoué ces tentativesfactieuses qu’après qu’elles étaient vaincues ? D’oùvient qu’ils se croyaient tenus d’excuser chaquejour les cris de vive la république! dont retentis-saient nos rues? D’où vient qu’à la nouvelle del’entreprise formée contre M. Dupin, ils ne s’élan-caient pas à la tribune pour décourager et flétrirà jamais les auteurs de semblables attentats? D’oùvient que, lorsque des colonnes furibondes sillon-naient nos rues, on n’avait pas une malédictionpour les perturbateurs des lois, et qu’on avaitdes railleries pour les pouvoirs autour desquels lagarde nationale se pressait en armes ? D’où vientque , lorsque la sédition était tombée devant les