LE PARTI RÉVOLUTIONNAIRE. 3g3
entendu ces maximes! Il la fallait, c’est-à-diremettre le monde en feu, simplement pour rehaus-ser la royauté de juillet; le sang des hommes n’é-tait considéré là que comme le saint chrême deReims. Yoilà des sujets bien jaloux de la grandeurde leur roi! Demandez-leur le maintien de la pai-rie, dans l’intérêt de la royauté; demandez-leurpour le trône des respects, des ménagements, despompes, de la dignité extérieure et morale, ilsn’entendront pas; mais ils vous offrent, pour pa-rer les fêtes de son inauguration, l’embrasementde l’univers.
Battus sur la gloire de S. M. Louis-Philippe, ilsse rejettent sur la gloire de la France. La France sedoit à elle-même de venger l’injure de Waterloo,que Cadix et le Trocadéro emportés, la Grèce af-franchie, Alger conquis, Lisbonne bombardée, laBelgique devenant tête de pont de la France, n’ontpas assez lavée. La France est tenue de ressaisirses frontières naturelles, de regagner toutes lesplaces, et, par conséquent, toutes les bataillesqu’elle a perdues. Au dehors, il s’agit donc dereprendre les choses, à la perte du Kremlin, pourrefaire l’Europe; comme au dedans, à la prise dela Bastille, pour refaire la France. Cette Francequi, après ses quarante ans de sacrifices et decombats, se croyait arrivée aux jours du repos,comme l’artisan qui a fini sa journée, cette malheu-reuse France apprenait qu’elle avait à recommen-