394 LIVRE QUATRIÈME.
cer tout entière sa tâche des quarante années.M. Odilon-Barrot la lui résumait d’une façon ter-rible dans ce programme où le passé tout entierrevit : Le dernier écu et le dernier homme U!
Si vous objectiez les traités existants, on oppo-sait ce principe sauvage : que les traités sont annu-lés du fait de notre révolution ; le canon de juillet,disait-on, les avait réduits en poussière! Nous di-sons que c’est là un principe sauvage; car fairedépendre les pactes extérieurs des événements do-mestiques, subordonner les rapports qui unissentles nations à leurs révolutions intestines, c’.estanéantir la foi jurée et renverser le droit des gensjusqu’aux fondements.
Si, aux raisons de droit qu’on n’eût pas enten-dues, vous vouliez substituer les raisons de pru-dence, si vous objectiez que l’Europe entière estintervenue dans les actes des congrès de Vienneet de Paris, qu’elle est tout entière intéressée àleur [maintien, que les méconnaître et rentrer àmain armée dans nos conquêtes c’était nous met-tre sur les bras l’univers, il fallait voir l’indigna-tion qu’un doute s’élevât sur le courage et la for-tune de la France! et, si vous persistiez, ôn vousrépondait simplement qu’il n’y avait qu’à souleverpartout les peuples contre les rois, c’est-à-direqu’à intervenir dans toutes les constitutions exis-tantes, qu’à prendre l’initiative du renversementuniversel des lois, qu’à détruire et renouveler