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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LE. PARTI RÉVOLUTIONNAIRE. 3q5

l’ordre politique d’un bout de la terre à l’autre.Cette tâche paraissait à la faction également légi-time et facile : il ne s’agissait que de vraincre tousles rois et de révolutionner tous les peuples.

Et ici le choix ne nous était pas laissé; caron avait encore une autre maxime, anti-socialecomme tout le reste, savoir que les Etats fondéssur desprincipes différents sont condamnés de touteéternité à s’entre-détruire; qu’appuyée à des pa-vés pour tous principes, la France de 1830 étaitincompatible avec les puissances qui en recon-naissent d’autres; qu’il fallait donc, de toute né-cessité, que l’Europe nous écrasât ou pérît sousnos coups! Ceci encore était, s’il en fût, uneguerre de barbares. Il n’y avait là pour personneni paix, ni trêve, ni retraite, puisque les armesne pouvaient être posées que quand un seul prin-cipe resterait debout sous le soleil.

C’était une guerre immorale : elle se basait surla doctrine que l’humanité doit marcher tout en-tière dans les mêmes routes et du même pas, ali-gnée et docile comme un régiment en bataille.

C’était une guerre oppressive, la plus oppres-sive qui ait été rêvée sur la terre : les Gengiskandu libéralisme prétendaient imposer à toutes lesnations l’égale et inexorable tyrannie de leur li-berté démocratique.

Enfin, c’était la guerre universelle. Ils met-taient même une sorte d’application à n’excepter