3g6 LIVRE QUATRIÈME.
nul empire de la proscription. Le grand peuplequi nous a donné le modèle de nos révolutions,mais que les révolutionnaires avaient jusqu’à cejour de bonnes raisons de haïr, n’était pas épar-gné ; il était clair même, à l’amas des invectives,qu’on se sentait plus antipathique à l’Angleterrequ’au gouvernement russe. On semblait ainsiavoir peur de compter dans le monde un seulallié !
Cependant, il serait bon de voir les réalités,quand on joue un jeu si grand, quand il s’agit demettre sur une carte la patrie. Les hommes deguerre, les hommes d’Etat de la faction oubliaientque nul peuple au monde ne peut seul l’emportersur tous; que la France, quand elle avait vaincu lemonde, possédait une ceinture de puissances auxi-liaires et vassales ; qu’à mesure qu’elle perdit deses alliés, elle perdit de sa grandeur; que, restéeseule, après la journée de Hanau, elle fut écra-sée; que, lorsqu’aux Cent-Jours l’empire se vitsans appui, face à face avec l’Europe, bien que lagrande armée fut encore vivante, et que le nom,le génie, la fortune de Napoléon fussent là encore,l’empire s’écroula.
Il est vrai que le parti connaît quelque chose demieux que les armées impériales pour combattre,quelque chose de mieux que Napoléon pour com-mander. Le parti possède, dans l’arsenal de sesréminiscences et de ses théories, un levier plus