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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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4otô livre quatrième.

de déclaration de guerre contre la Russie ! Queleffet pensent-ils que produisent leurs conversa-tions de tribune, bien authentiques, bien retentis-santes, bien ennemies, sur les cabinets attentifs etsur les princes qui les écoutent ? Croient-ils qu’ily ait ensuite plus de confiance dans les rapports,plus d’indulgence pour les révolutions nos proté-gées, plus de chances de diviser les hauts alliés,plus d’ouverture à souffrir notre agrandissement,plus d’éléments d’autorité pour le roi des Françaisentre toutes les têtes couronnées ? On ne le pensepas; et rien de plus simple : car ce n’est pointce qu’on a voulu.

Pour ne parler que de la France, quels résul-tats ont produit parmi nous ces hostilités effré-nées de la tribune? Elles nous ont placés dans lasituation la plus mauvaise où nation puisse être.On ne traite bien, soit de la paix, soit de la guerre,que lorsqu’on ne craint pas la guerre. Hé bien,le gouvernement et la France ont eu peur de laguerre, en ont eu peur forcément; car tous deuxse sont vus en présence d’un péril plus imminentque l’étranger ; tous deux ont senti dans leur pro-pre sein un ennemi qu’il fallait avant tout com-battre; tous deux ont vu que la guerre ne pouvaitêtre désirée avec tant de passion et de téméritésans un intérêt puissant; tous deux ont reconnuque ce n’était point le Rhin qu’on voulait ressai-sir, que c’était la France même qui devait être lapremière conquise.