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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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43 O LIVRE CINQUIÈME.

Le pouvoir royal, si fort abaissé par ces dispo-sitions, a été en même temps affaibli. A tort ou àraison, nous ne l’examinons sur aucun des points,il a perdu la prérogative de proposer seul les lois;celle d’interdire l’entrée de la Chambre haute auxprinces du sang, et d’enlever ainsi à l’oppositiondes chefs puissants et illustres; celle de donner unprésident à la Chambre des députés; celle de ré-gler la présidence des collèges électoraux , et deconsacrer de la sorte ses candidatures; celle d’ap-peler sans contrôle les députés à des fonctionspubliques ; celle d’introduire des troupes étran-gères dans le royaume ; celle de fixer l’étendue descadres de l’armée ; celle de disposer du gradedes officiers en même temps que de leur emploi ;enfin , la faculté de régir les colonies par des or-donnances, et d’administrer souverainement l’ins-truction publique. Encore la royauté s’est-elle vuebien moins désarmée, par l’effet de son origineet par la réduction de ses prérogatives, cpiepar la diminution de ses moyens d’influence,par l’abaissement de tous les salaires, par Ja sup-pression de toutes les charges honorifiques, parl’abolition des dignités qui liaient encore au trôneles citoyens considérables sortis de ses conseils,par le retranchement d’une garde royale quienchaînait de plus près l’armée, par les res-trictions imposées à la nomination des magis-trats municipaux, qui sont les premiers instru-