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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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il prétendit appuyer au ciel ce trône qui n’avaitpoint de racines; tandis que tout évêque au-rait suffi à sacrer roi un fils de Louis XIV, il nevoulut rien moins qu’un pape, le vicaire de Dieusur la terre, pour inaugurer le restaurateur del’ordre, le vainqueur de l’anarchie, l’homme du18 brumaire, le conquérant de l’Italie. 11 eut hâtede s’allier au sang des rois, de relever à son usagel’abbaye de Saint-Denis , de s’appuyer à ses tom-beaux, de cacher sous un manteau ducal quelques-unes des renommées révolutionnaires qui l’entou-raient, de rompre avec un passé récent, avec unpassé sanglant de crimes , pour parer sa couronnedes reflets d’un autre passé glorieux et auguste,de raviver enfin les principes que Dieu a instituésau jour même de la création. Voilà comment lefils altier de la révolution comprenait sa mission.Nous, qu’avons-nous fait pour donner de la consé-cration à nos œuvres, pour lier notre cause à celledes lois éternelles de ce monde, pour ôter à nosamis aussi bien qu’à nos ennemis la pensée de toutparallèle avec l'effroyable sœur aînée de la révo-lution de 1830 ?

Dans l’ordre, il y a deux choses : l’ordre ma-tériel, celui qui frappe tous les regards, quipréoccupe tous les esprits, et qui n’est pour-tant à l’ordre véritable que ce que l’ombre est aucorps, ce qu’est le symptôme à la réalité. Celui-làest du ressort des sergents de ville et des soldats