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même dans l’intérêt des lois. Que faisait-on par cetabaissement de conditions? Etait-ce accroître leslibertés de la société française ? Non ! c’était seule-ment précipiter ses tendances et par conséquentaccroître ses périls. C’était placer la presse dans lamême zone sociale que tous les autres pouvoirs;c’était livrer de plus en plus aux premiers venusles arsenaux de la polémique des partis, les livreren dépôt à une classe de prolétaires les plus dan-gereux de tous, parce qu’ils sont jeunes, instruitset ambitieux : ceux de la littérature.
Plus les actes de la révolution comprenaientd’appels et de concessions inévitables aux passionsdémocratiques, plus il fallait s’appliquer à placerhaut la presse. C’est le contraire qui a été fait.De là sont venus ce dévergondage croissant, cettecroissante émulation de calomnie et de destruction,cette prédication obstinée de doctrines subversives,ces appels aux colères de la multitude, cette osten-tation de la logique des pavés , ces emportementscontre tous les souvenirs, ces agressions à toutesles hérédités, celle du trône, celle de la propriétémême, comme celle de la pairie. Corruption dé-plorable , corruption permanente du talent, oubliopiniâtre de la noble et magnifique mission que leciel lui a donnée, et qui consiste à éclairer, à dé-fendre, à glorifier son siècle et son pays ! D’où vientle mal? Ceux même que nous combattons reconnaî-tront que nous l’avons fait toucher au doigt. Il n’y