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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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INFRACTIONS AUX PROMESSES DE JUILLET. 4^7

parce que tout aliment mauvais est aussi uneamorce. 11 arrive que les conseils municipaux sontbeaucoup plus mal composés qu’ils ne le seraientsans l’attribution qu’ils ont reçue. Pour s’assurerla joie d’avoir un mauvais maire, un maire selonles jalousies basses et ignares, ils sont contraintsd’élire de mauvais conseils. Abyssus abyssum in-vocal.

Mais l’esprit de la France n’est point partout lemême. Il y a des provinces où le peuple abdiquevolontiers aux mains des propriétaires considé-rables; et, vû le grand principe révolutionnaire,que ce qui est bon pour nous n’est pas bon pourautrui, un homme de la gauche, qui cette annéefait silence, M. Marschal, pour ne pas laisser faus-ser l’instrument d’anarchie au sein des provincesarriérées, proposa d’autoriser le ministère à en in-terdire l’usage dans les départements, selon sonbon plaisir. La loi avait peur d’elle-même, et sesuspendait par réflexion. Il fallait bien adoptercette disposition étrange, sous peine d’enfanterune anarchie disparate, une anarchie bigarrée dejacobinisme au nord et de jacobilisme au midi.L’avoir uniforme était un amendement. Voyezla libéralité ! pour participer à la nomination dumaire, ce qui n’est pas nécessaire, on ravit à desprovinces entières le droit d’élire leurs conseilsmunicipaux : liberté naturelle et indispensablequi, ainsi restreinte, n’a pas un péril! Une telle