458 LIVRE CINQUIÈME.
loi porte bien le cachet de l’esprit qui l’a dictée;car le caractère de l’esprit dominant est de trouvertoujours le secret d’être également contraire auxintérêts du pouvoir et à ceux de la liberté. Le dé-sordre dans tous les articles et le despotisme parpost-scriptum, c’est la politique révolutionnairedans toute sa vérité. Elle n’est pas toujours aussinaïve.
§ III. - LOI ÉLECTORALE.
La loi départementale n’a pas eu, elle pouvaitavoir les mêmes résultats; ce sont ceux qu’adonnés trop souvent la loi politique, la grande loi,la loi décisive, la loi électorale ; elle les auraitdonnés partout, si la sagesse de la France n’oppo-sait son contre-poids à l’entraînement de sesguides. Par cette loi, les élections ont été immoléesà un dieu qui châtie les sacrifices en les accep-tant ; elles l’ont été à la peur. Le cens d’éligibilité,le cens électoral, un double vote créé au profit dufermier, voilà les pâtures livrées à l’émeute de fé-vrier par trois cents députés, condamnés la plu-part de leur conscience. Si l’esprit de l’émeute nerègne pas, à qui la gloire? S’il régnait, à qui lafaute?
La loi électorale ne contenait, dans la proposi-tion ministérielle, qu’une idée d’ordre : c’était lafaculté, pour les pères qui payent plusieurs fois