INFRACTIONS AUX PROMESSES DE JUILLET. 4$9
le cens, d’attribuer le droit de suffrage à leurs fils.Mais les hommes qui voulaient la capacité du li-cencié sans cause et du chirurgien sans lettres,dénièrent la capacité du fils, de l’héritier d’ungrand propriétaire ou d’un grand manufacturier.Par-dessus tout, l’émeute était apparue : ce pal-liatif s’évanouit. Le corps électoral, qui depuisquinze ans luttait pour les libertés de la France,s’est vu dépossédé au profit d’une classe intermé-diaire et exclusive qui a moins d’indépendance etde lumières, qui comprend moins nettement lesdroits à l’exercice desquels on l’appelle. Auprèsdu lieu où sont écrites ces pages , dans un paysqui ne boude pas la révolution de juillet, M. Du-pont (de l’Eure) vient de présider un collège oùune centaine de voix ont fait l’élection, parce quetrois cents citoyens inscrits n’ont point paru. Surtous les points du royaume, dans tous ces hiérar-chies électorales qu’on vient de multiplier à lafois, le même spectacle attriste les regards. On afait arbitres de toutes les affaires et de toutes lesdestinées de la patrie des citoyens qui ont le bonsens de s’effrayer de cette tâche, cjui s’y croientimpropres, qui n’ont pas le loisir de s’y adonner ;il arrive que l’intrigue ou la passion ameutent seulesune troupe d’ambitieux subalternes qui envahis-sent tous ces pouvoirs divers sous l’aiguillon et auprofit d’intérêts sordides ou de mesquines passions ;ils tiendront notre grande France sous leur joug