INFRACTIONS AUX PROMESSES DE JUILLET. 483
destinée à l’étranger, nous lui reprochons de nepas appesantir sur nos départements le glaive desguerres civiles, et nous nous indignons de voir lesministres de cette royauté désemparée refuser,contre les royalistes, l’arme terrible des lois d’ex-ception .
Malheureux pays qui ne fait que côtoyer lesroutes qu’il veut suivre, et marche de méprise enméprise ! Nous avons vu d’abord qu’au lieu deliberté, c’est démocratie ; au lieu d’égalité, nivel-lement. Maintenant, au lieu de pouvoir, c’esttantôt désordre et licence, tantôt tyrannie.
Voilà comment la machine de l’autorité est dé-montée pièce à pièce par gens de bonne foi quicroient vouloir la monarchie, mais la veulent à lafois impuissante, bourgeoise, vêtue de gros drap,tout ce qu’elle ne peut pas être, tout ce qu’il fautqu’elle ne soit pas, pour rester tutélaire et durableen restant respectée. Elle n’est pas possible à cesconditions, précisément parce qu’elle leur plai-rait ainsi, parce qu’ils se sentiraient à l’aise auprèsd’elle, parce qu’ils seraient avec elle bras dessusbras dessous, parce qu’ils pourraient la renverserd’un coup d’épaule au premier caprice. L’impor-tant n’est pas qu’elle plaise, mais qu’elle impose.La légitimité ôtée, ôtez-lui encore la puissance etle respect : que lui reste-t-il ?
Ces deux choses sont sapées chaque jour; l’au-torité publique a perdu son action matérielle et