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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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486 LIVRE CINQUIÈME.

La Convention le savait bien : elle ne se con-tenta pas de tous ses titres au respect public,de ses vertus dalors, de son patriotisme, deses proscriptions , de ses régicides ; elle ne sentrouva point assez rehaussée : elle sécrasa debroderies. Pour porter une double couronne,elle sembla vouloir égaler à ses crimes ses pa-naches.

Il faut leur apprendre que la France est le paysde la terre le plus administré, le mieux adminis-tré, et au meilleur marché. Il faut oser leur direcette grande vérité, que limpôt, bien employé,est aux peuples ce quest aux laboureurs le grainretiré de sa consommation ou de ses ventes, pourle jeter à la terre, il lèvera, en rendant trentepour un; que cest un fonds commun qui dormi-rait et qui travaille, qui serait improductif et quiest fécond, qui porte et reporte la vie du centreaux extrémités. Ce centime, que vous laisseriezoisif et perdu dans les chaumières, y rentre, mul-tiplié par des commandes, des dépenses, des créa-tions, des moyens dinstruction et de travail. Ilny a que la cote du riche qui eût produit, dans sesmains, à toutes les heures du jour ; car il ny aque le riche qui sache les bonnes dépenses et lesbonnes économies. Lui seul épargne sans thésauri-ser ; lui seul fait de ses capitaux dutiles journa-liers toujours à lœuvre, et donnant toujours à lacommunauté du profit.