INFRACTIONS AUX PROMESSES DE JUILLET. 4$7
Certes, nous sommes de ceux qui voudraientvoir les classes inférieures affranchies des chargesles plus onéreuses entre celles qui pèsent sur elles,notamment de l’impôt du sel, et nous croyonsqu’il y aurait à le tenter politique encore plusqu’humanité. Mais la vérité oblige de reconnaîtreque les classes laborieuses sont vingt fois moinsgrevées que dans l’ancien régime; le faix descontributions est moins lourd pour elles qu’autre-fois. Qui peut ignorer que le budget de 1784 étaitde six cents millions et plus, et il ne comprenait pasles dépenses du clergé, les dépenses de la justice ,les dépenses de l’instruction publique, la foule desdépenses civiles ou militaires fournies alors par lesprovinces, en outre des dépenses départementalesd’aujourd’hui ; il ne comprenait pas davantagenotre dette immense, les pensions légales de notregrand-livre, enfin les cent trente-cinq millionsde frais de perception ? La France, qui portait cefardeau, ne comptait que 24 millions d’habitants,un tiers de moins qu’aujourd’hui. Le fardeau pesaitinégalement sur les classes diverses, et les moinsriches portaient, par-dessus toutle reste, le joug desdîmes et des corvées. Quand on a trouvé, dans lasession dernière (1830), que la gabelle était à peuprès semblable à notre impôt du sel, on a oubliéqu’une seule de nos provinces comptait à la foisdix mille malheureux frappés d’emprisonnementou de galère pour violation de cette terrible loi :