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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE SIXIÈME.

en sachant ce que ce peut être, qu’on s’y complaît.On se vante de ce qu’on n’a pas fait, de ce qu’onvoudrait faire. C’est l’appétissance et la forfanteriedu crime. On a, ou ce qui est pis peut-être, onaffecte la passion malheureuse du sang. On se re-jette dans le passé pour la satisfaire, comme lesoiseaux de proie qui, faute de mieux, fouillent lestombeaux. Il y a vingt siècles, les barbares, dontnous descendons, dressaient des bûchers triangu-laires, y plantaient une épée, immolaient des vic-times humaines, et adoraient. Notre jeunesse estconviée au pied d’un autel où brille aussi le glaive,où les victimes humaines ont été égorgées parmilliers. Les barbares l’appellent l'autel de la Li-berté , et cet autel c’est la hideuse guillotine!On sait comme leurs poètes célèbrent le triangled'acier. Si jamais ils blasonnent, ils demanderontque ce soient là les armoiries de la France. Etn’espérez pas que ces débauches soient stériles.On imprime à quinze centimes, on colporte dansle peuple les discours immortels de Robespierre etde Saint-Just, moins, il est vrai, le grand discoursen faveur de l’Être-Suprême ! Tout cela se passe entemps paisible, quand nous sommes tous de sang-froid, sans avoir la double excuse des premiers,des vrais monstres, l’ivresse ou la peur. La poé-sie, ce qui est un progrès, vient au secours dela prose épuisée. La Convention future a déjàses Tyrtées; les journaux modérés, en publiant