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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE SIXIÈME.

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gouvernement accepté par vous tous, caressé parbeaucoup , il était bien au général Berton de leverlétendard de linsurrection, de commencer laguerre civile, de verser le sang des citoyens et dessoldats, pour assurer la victoire à linitiative quilprenait sur la France? A la vérité, cest ce que laChambre a fait déjà par le renvoi de la pétition descondamnés politiques au ministère. Mais voici lesconséquences lon arrive : si la restaurationétait à ce point hors la loi, épuiser le sang de cesprinces, au lieu de verser, pour la renverser,celui des Français, était acte méritoire. Le poètequi vient de célébrer Louvel dans ses vers avaitraison. A la main de cet homme (je parle dupoète), mettez, au lieu de plume, un ciseau; Lou-vel , au lieu dun centon , aura une statue !

Autre conséquence ! Dans ce temps on frappele privilège jusque sur la pairie, une seule causeaura-t-elle le privilège de relever ses morts? LesConstituants, les Feuillants, la Gironde, la Plaine ,la Montagne, tous ces partis nauront-ils pas lemême droit ? Le dénierez-vous à ces jeunes gensqui trouvent quil ny a eu de mal jugé, dans ceshorribles jours, que le 9 thermidor, et qui, pourélever des chapelles à Robespierre, nattendentque de croire en Dieu? On le voit, nous ne par-lerons point des monuments que pourraient vou-loir élever les royalistes, qui ont eu aussi des mar-tyrs, qui ont eu dillustres, dinnocents, de mal