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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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ANARCHIE MORALE.

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jugés, à ce que prétend la voix du genre humain.Mais nous savons trop à qui nous avons affaire :nos apôtres d’égalité ne nous accorderaient pasl’égalité des morts devant la loi.

Toute cette tempête n’est soulevée que pourrenverser une autre égalité, celle des partis devantle pays et devant la postérité. On a pleine indul-gence pour les attentats de la révolution ; mais lesreprésailles qui ont eu lieu contre elle, on les dé-plore , on les déteste, on en ravive la mémoire enhaine de la monarchie, de ses princes, de sesserviteurs, des classes qui étaient ses supports;car c’est là que tout aboutit : on a soif de revenirà la grande scission nationale, au divorce public,à la dépossession de la société ancienne et detout ce qui est sur le même niveau. La réactiondans les souvenirs est une manière de procéder àla réaction dans les intérêts et dans les lois.

Certes, on peut adresser à la monarchie et à sesamis tous les reproches qu’on voudra. Si on veutles savoir tous, on n’a qu’à prendre nos écrits.Mais on a beau faire : ce n’est pas par le sang verséqu’elle marquera dans l’histoire ; ses victimes (quenous avons déplorées dans un style qui ne passaitpas pour compter parmi ses défauts la mollesse),ses victimes auraient toutes tenu sur un de ces tom-bereaux où étouffèrent, le lendemain du 21 mai,les seuls républicains qu’ait eus la France. Et sivous voulez juger bien des régimes que nous

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