ANARCHIE MORALE. 53g
d’avis contraire, muets d’épouvante à la perspec-tive de se trouver d’accord avec l’Evangile ! Cettejoie de se montrer plus forts que l’Eglise, expli-que seule la passion qui a fait préférer constam-ment par nos hommes positifs, dans la distri-bution de l’ordre du jour, le divorce au transit, àl’entrepôt, voire même aux avancements des ar-mées de mer, à toutes les questions enfin quiétaient pendantes. Ils n’ont sacrifié des intérêts ma-tériels à un intérêt moral , que parce que cet intérêtmoral était une hostilité contre les croyances deleur pays, et, en d’autres termes, une impiété. Ehbien, ne nous appuions point sur la prescription re-ligieuse. Ecartons-la de nos pensées ; la loi de l’E-glise ne doit point dominer la loi civile. Mais il estune autre loi, plus pressante, on peut le dire, quetoutes deux, car toutes deux ont pour mission dela consacrer au milieu des peuples, et celle-là aussiest d’institution divine : c’est la loi morale. Elleveut, pour achever de relever l’homme, que lecontrat sur lequel repose la société s’ennoblisse etse fortifie par cette inviolabilité qui épure et re-hausse les liens, resserre les devoirs, affermit etconsacre la famille; inviolabilité redoutable quimet le sceau de l’Eternel sur le berceau de l’en-fant qu’il nous a donné. Elle est à elle seule unacte religieux et un sacrement, par la pieuse épou-vante qu’elle inspire , comme ces impénétrablesforêts de nos pères, qui devenaient des temples