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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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ANARCHIE MORALE.

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trois royaumes, avec leurs cultes sans nombre,ont l’air d’un cloître qui prie. Dans les casernes,le jour s’ouvre et se ferme par une prière com-mune, qui n’empêche pas le soldat anglais de res-pecter les lois dans la paix, et d’accepter, commeun autre, la mort dans la guerre. Nous venons devoir un roi, qui veut la réforme, ordonner un jeûnegénéral, sans soulever dans la Grande-Bretagneun murmure, et cette fière nation n’a pas l’air des’en croire déchue dans l’estime du monde. La pa-trie de Washington reconnaît aussi des religionsd’Etat; la Chambre des représentants a même desaumôniers et les paye fort cher. Nos représentants,s’il est fait par hasard mémoire du clergé, éclatenten quolibets injurieux, gens qui ont à gouvernerun peuple, et qui trouvent plaisant d’outrager leculte, antique maillot de ce peuple, berceau de lacivilisation moderne, aire de la doctrine de l’éga-lité, foi vénérable à tout le moins; car la Chartedit que la grande majorité des Français la vénère !

Si un journal parle d’un régiment envoyé à lamesse le dimanche, tous les généraux du royaumese mettent en campagne pour repousser d’eux lacalomnie, jurer les grands dieux de leur inno-cence, attester qu’ils ont oublié, depuis les bar-ricades, la théorie que Napoléon nous faisait ap-prendre pour mettre le genou à terre sur le pavédes temples. Sous la restauration, ce n’était plus