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LIVRE SIXIÈME.
qu’en servant l’Etat; dites-le de l’avenir de nosenfants pour tous les pères inquiets de savoir sousquels auspices croîtront ces chères destinées; dites-le du sol et de l’air de la patrie, nécessaires à lavie morale comme à la vie physique de l’homme,et que, sous le vent des révolutions, nul n’est cer-tain de posséder jusqu’à la fin de sa carrière.C’est le destin des pays en révolution , que, dansdeux citoyens qui se rencontrent, il puisse tou-jours se trouver, à l’insu l’un de l’autre, un pres-cripteur et un proscrit (1). Vous vous recriez ! Maisne vient-on pas de fulminer une loi de bannisse-ment, seulement, il est vrai, contre des princes,contre une famille qui est hors la loi, parce qu’ellea marché mille ans à la tète de notre patrie ? N’a-t-on pas prononcé cet arrêt, avec la convictionqu’il était inutile, et quelques-uns le proclamant?N’a-t-on pas accordé ces sévices, qu’on savait su-perflus , à des exigences passionnées ? Et vousvoulez que nous dormions en paix! vous voudriezque nous ne tremblassions point, si par hasardquelque jour quelqu’un jugeait que sévir contrenous pût être utile à la patrie !
Ainsi, instabilité du fait des révolutions pour
(1) Celui qui écrivait ces lignes en 4831 a revu cet ouvrage , en4848 , à Jersey, proscrit en vertu d’un acte imaginé par l’un de sesamis les plus intimes, et présenté par plusieurs de ses amis person-nels.