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LIVRE SIXIÈME.
part, et qu’on le croie bien, dans cette Francespirituelle, généreuse et vaine, moins qu’ailleurs.Vous croyez que le pouvoir restera dans des ré-gions intermédiaires, séparé en fait de la propriétésans être allié à la multitude. Vous verrez quemille collisions naîtront de cette situation contrenature. S’il se séparait davantage de la première,ce serait pour tomber aux mains de la seconde.Plus l’abîme s’élargirait entre la région naturellede toutes les influences, et l’autorité publique,plus les masses auraient de facilités à se saisir dela puissance. On reviendrait, de démolition endémolition , de désordre en désordre, par unechute inévitable, par l’entraînement d’un poidsfatal, à ce régime anti-social, la domination de lamultitude, ou du moins de ses passions, ce quiest même chose.
L’erreur serait immense de croire que la royautépuisse transiger avec un certain esprit démocrati-que , tellement étroit et exclusif qu’il ne sauraitpasser de l’instinct à l’action sans être révolution-naire. Au premier mécompte, à la première lutte,le monstre, tout à coup emporté, briserait uneroyauté déracinée et avilie. Car la mission de laroyauté est précisément de lui marquer les bornesqu’il ne doit jamais franchir : c’est la digue op-posée à la tempête, et qui ne peut pactiser avec latempête ; elle la contient ou en est brisée.
La royauté de juillet a déjà pu vérifier qu’il