Buch 
Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
Entstehung
Seite
562
JPEG-Download
 

562

LIVRE SIXIÈME.

et prospère pour tous les membres de la famillenationale, les entraîne tous, comme les enfantsd’une même mère, vers un même avenir. Or, cepacte, où est-il? qu’a-t-on fait pour le trouver etl’accomplir ?

L’ascendant de la révolution a tout emportéloin de ces maximes. Le malheur a été que, dansla lutte engagée forcément contre l’anarchie dèsle lendemain du 9 août, la royauté de 1830 n’acongédié çà et là les hommes qu’en subissant lesdoctrines.

Ce qui est résulté de cet alliage, le voici : Lapart faite à l’ordre a donné la paix extérieure,l’ordre matériel, enfin tout ce qu’il y a d’élémentsd’un avenir meilleur.

La part faite aux doctrines et aux exigences ré-volutionnaires a produit un effet étrange et fu-neste. C’est que la faction s’est déplacée; elle a des-cendu de plusieurs échelons; elle ne s’attaque plusà l’État dont les institutions l’excitent au lieu dela comprimer. C’est l’ordre social qu’elle se croiten mesure d’ébranler sur ses fondements; et pourle défendre, pour se défendre lui-même , le pou-voir est renfermé dans un cercle vicieux terrible.Les lois qu’il a faites ne lui permettent de cher-cher des forces que dans la région même dont lespassions excitées font sa faiblesse et son danger.C’est le contraire d’Àntée. Tout lui est péril, parle sol même auquel il s’appuye.