COfîCMJSION.
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deux classes ne peut, au milieu de nos inces-santes tempêtes, seule tenir en main le gouver-nail contre le gré du reste de la nation. Les roya-listes de 1814 viennent d’en faire l’épreuve. L’autreépreuve commence; elle est déjà laborieuse ; ellele sera de plus en plus. Il n’y a donc qu’une res-source : le rapprochement, l’union , le bon ac-cord ; les sacrifices communs d’opinion et depassion. Que les uns soient moins absolus et moinsexclusifs; que les autres soient plus monarchi-ques , plus religieux, moins démocratiques ,moins ombrageux, moins partiaux. Les intérêtsréels et légitimes sont identiques. Il n’y a de diversque les prétentions. La propriété, la prospérité,la sécurité, la liberté , sont des biens communs àtous les ^Français. Ils existent aux mêmes condi-tions pour tous , et il faut bien le savoir , la pre-mière fois que la tempête sera déchaînée, elle sé-vira contre tous en même temps. Les comptoirsne seront pas mieux traités que les châteaux. Onnie qu’il y ait encore une aristocratie parmi nous;les révolutionnaires sauront bien en trouverdeux : la bourgeoisie, si on en juge par leurs li-vres présents, sera la première qu’ils intronise-ront dans leurs proscriptions, ce qui n’empêcherapas l’autre d’avoir son tour. Toutes les deux sontcoupables des mêmes crimes : elles possèdent,elles ont des lumières; elles veulent l’ordre. Pour-quoi la communauté inévitable de destinée dans