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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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CONCLUSION.

le danger ne peut-elle pas être un lien dans lecalme et servir à former d’avance un seul fais-ceau ! La maxime : tout ou rien, est toujours con-damnée par le bon sens. En politique , elle l’estde plus par la justice. Aussi l’est-elle toujoursdans l’histoire par la Providence. Que ce soit laclasse moyenne qui s’y attache, c’est-à-dire leparti dominant, ou bien l’ancien parti royaliste,l’aristocratie dépossédée, elle ne préparera à tousque de stériles regrets et un tardif repentir.

En effet, l’esprit révolutionnaire n’aurait évi-demment qu’un seul moyen de tirer parti destempêtes qu’il réussirait à soulever : ce serait derenverser l’ordre social que la révolution de 1 789a laissé après soi. Tout le monde conçoit qu’ap-peler les masses, une fois qu’elles sont agitées,effervescentes et armées, au pillage des richessespubliques et privées, soit une manière de les do-miner. Malheureusement, dans les temps calmes,quand les destinées publiques se débattent pacifi-quement au-dessus de la multitude , quand l’anar-chie serait obligée de plaider sa cause devantune nation laborieuse, paisible, propriétaire, onse confie dans la puissance de la raison et de lajustice. On a tort. Si la puissance des institutionset l’esprit même de la société ne leur servent deboulevards, la raison et la justice elles-mêmesfléchiront à la longue, par la corruption des ins-titutions et de la société, sous le joug de la force.