FRANÇAIS. 24l
à la tête de la cavalerie, un retranchement quiparaissait inexpugnable, et culbuta d’abordles deux premières lignes ennemies; mais peus’en fallut qu’il ne fût fait prisonnier à l’atta-que de la troisième. Son intrépidité seule lesauva. Il tua, de sa propre main, deux cavaliersqui lui criaient de se rendre, et, rejoignantensuite sa troupe avec la rapidité de l’éclair, illa ramena à la charge, et dissipa , au premierchoc, tous ceux qui osèrent lui opposer quel-que résistance.
Une conduite si héroïque devait le con-duire au commandement ; mais le système deLouis xiv étant de ne placer à la tête de sesarmées que des généraux qui fussent dans ladépendance de ses ministres, et qui lui laissas-sent la gloire entière des entreprises et des suc-cès, le duc de Chartres fut mis, ainsi que lesautres princes du sang, dans l’impossibilité deparvenir au rang auquel sa naissance et sestalens lui donnaient le droit de prétendre.Cette inaction, à laquelle il se vit si injuste-ment condamné, lui fut fatale. Il s’adonna auplaisir, en devint l’esclave , et termina ainsil’éclat des plus belles qualités.
Louis xiV, dont là vie privée n’avait pas étéplus exemplaire , lui fit épouser mademoisellede Blois, fruit de ses amours avec madame deMontespan. Cette princesse, qui offrait l’heu-reuse réunion des charmes, des grâces, desT. II. Il