FRANÇAIS. 281
bourg, n’eut que des dégoûts à essuyer, et netrouva d’autre occasion de se signaler qn’enmettant hors de loue insulte les états de cesprinces. Mais dès qu’il fut réuni à Condé, etqu’il eut le commandement d’une armée devingt-huit mille hommes, il lui fut permis dedonner un plein essor à son génie, et la sou-mission entière de la province d'Ower-Ysselen fut l’heureux résultat. La gloire que cetteconquête fit réjaillir sur lui fut d’autant plusgrande, que, dans les vingt-liuitmille hommesqui étaient sous ses ordres, il n’y en avait quesix mille qui fussent Français, et que le resten’était qu’un ramas de déserteurs sans mœurset sans discipline.
Nommé gouverneur de la province d’U-trecht, d’après la retraite à laquelle les Fran-çais furent forcés pour défendre leurs propresfrontières, Luxembourg, avec six mille hom-mes qui lui restèrent, résista à toute l’arméeennemie, et ne fut point entamé. Mais, fatiguéd’être toujours sur la défensive, il demandaun renfort; et dès qu’il l’eut reçu , il marchasur Wœrden, s’en empara , et se répandit en-suite dans les bourgs et villages les plus voisinsd’Amsterdam. Le prince d’Orange, voulantmettre fin à ces incursions qui ruinaient lepays, se décida alors à essayer de reprendreWœrden ; il l’assiégea avec des forces consi-