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Tome I.
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LES PRÉCIEUSES RIDICULES.

fois que nous nous vîmes, il commandait un régiment decavalerie sur les galères de Malte.

MASCARILLE.

Il est vrai : mais vous étiez pourtant dans l'emploi avant'que j'y fusse; et je me souviens que je n'étais que peti! offi-cier encore, que vous commandiez deux mille chevaux.

JODELET.

La guerre est une belle chose; mais, ma foi, la cour ré( om-pense bien mal aujourd'hui les gens de service comme noi s.

MASCARILLE.

C’est ce qui fait que je veux pendre l'épée au croc.

CATIIOS.’

Pour moi, j'ai un furieux tendre pour les hommes d'épée.

MADEI.ON.

Je les aime aussi ; mais je veux que l'esprit assaisonne labravoure.

mascarillk.

Te souvient-il, vicomte, de cette demi-lune que nous ein-porUrnes sur lés ennemis au siège d’Arras?

JODELET.

Que veux-tu dire, avec ta demi-lune? C'était bien unelune tout entière.

MASCARILLE. •

Je pense que tu as raison.

JODELET.

Il m’en doit bien souvenir, ma foi ! j’y fus blessé à la jambed'un coup de grenade, dont je porte encore les marques. Tâ-tez un peu, de grâce ; vous sentirez quel coup c'était là.

CATIIOS, après avoir touché l’endroit.

Il est vrai que la cicatrice est grande.

MASCARILLE.

Donnez-moi un peu votre main , et tâtez celui-ci; là, jus-tement au derrière de la tète. Y êtes-vous?

MADELON.

Oui, je sens quelque chose.

MASCARILLE.

C’est un coup de mousquet que je reçus, la dernière cam-pagne que j’ai faite.

JODELET, découvrant sa poitrine.

Voici un autre coup qui me perça de part en part à l'atta-que de Gravelines (1).

(1) 'L'attaque de Gravelines était an événement récent ù l’époque où futjouée lu pièce, c'est-à-dire en 1659. L'année précédente, le maréchal de la Fertéavait pris cette ville sur les Espagnols, Le s lige d’Arras, dont Xlascorillc parle