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Tome I.
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SGANARELLE.

SCÈNE XII.

SGANARELLE, un parent de la ferme de Sganarelle.

LE PARENT.

D'un mari sur ce point j’approuve le souci;

Mais c'est prendre la chèvre un peu bien vite aussi ( 1 ):Et tout ce que de vous je viens d'ouïr contre elleNe conclut point, parent, qu’elle soit criminelle ;

C’est un point délicat, et de pareils forfaits,

Sans les bien avérer, 11e s'imputent jamais.

SGANARELLE.

C’est-à-dire qu'il faut toucher au doigt la chose.

LE PARENT.

Le trop de promptitude à l’erreur nous expose.

Qui sait comme en ses mains ce portrait est venu,

Et si l'homme, après tout, lui peut être connu?

Informez-vous-en donc; et si c'est ce qu’on pense,

Nous serons les premiers à punir son offense.

SCÈNE im.

SGANARELLE.

O11 ne peut pas mieux dire; en effet, il est bonD’aller tout doucement. Peut-êlre sans raisonMe suis-je en tête mis ces visions cornues ( 2 ),

Et les sueurs au front m’en sont trop tôt venues.

Par ce portrait enfin dont je suis alarmé,

Mon déshonneur n’est pas tout à fait confirmé.

Tâchons donc par nos soins...

SCÈNE XIV.

SGANARELLE, la femme de Sganarelle sur la portede sa maison, reconduisant Lélie ; LELIE.

SGANARELLE , à part, les voyant.

Ali! que vois-je? Je meure!

( I ) Prendre la chèvre , pour imiter la chèvre, animal vif, impatient ; sefâcher de rien, prendre tout au pied de la lettre. C’est le propre des espritsbourrus. Nous disons aujourd’hui prendre la mouche k peu près dans le mêmesens.

(2) Avoir des visions cornues, c’est-à-dire, avoir des idées chimériques , fol-les, ridicules.