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Tome I.
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198 SGANARELLE.

Mon mal vous louche trop, et vous me percez l'àme.

CÉLI1Ï.

Mais ne t'abuse pas jusqu'à te figurerQu'à des plaintes sans fruit j eu veuille demeurer :Mon cœur, pour se venger, sait ce qu'il te faut faire,Et j'y cours de ce pas ; rien ne m'en peut distraire.

SCÈNE XVII.

SGANARELLE.

Que le ciel la préserve à jamais de danger !

Voyez quelle bonté de vouloir me venger!

En effet, son courroux, qu'excite ma disgrâce,

M'enseigne hautement ce qu'il faut que je fasse ;

Et l’on ne doit jamais souffrir, sans dire mol,

De semblables affronts, à moins qu'être un vrai sol.Courons donc le chercher, ce pendard qui m'affronte :Montrons notre courage à venger notre houle.

Vous apprendrez, maroufle, à rire à nos dépens,

Et, sans aucun respect, faire cocus les gens.

(il revient après avoir fait quelques pas.)Doucement, s'il vous plaît ; cet homme a bien la mineD'avoir le sang bouillant et l'àme un peu mutine;

Il pourrait bien, mettant affront dessus affront.

Charger de bois mon dos comme il a fait mon front.

Je hais de tout mon cœur les esprits colériques,

Et porte un grand amour aux hommes pacifiques;

Je ne suis point battant, de peur d'être battu,

Et l'humeur débonnaire est ma grande verlu.

.Mais mon honneur me dit que d’une telle offense11 faut absolument que je prenne vengeance :

Ma foi! laissons-le dire autant qu'il lui plaira ;

Au diantre qui pourtant rien du tout en fera !

Quand j'aurai fait le brave, et qu'un fer, pour ma peine,M'aura d’un vilain coup transpercé la bedaine,

Que par la ville ira le bruit de mon trépas,

Dites-moi, mon honneur, en serez-vous plus gras?’

La bière est un séjour par trop mélancolique,

Et trop malsain pour ceux qui craignent la colique.

Et quant à moi, je trouve, ayant tout compassé,

Qu'il vaut mieux être encor cocu que trépassé.

Quel mal cela fait-il ? La jambe en devient-ellel’ius tortue, après.tout, et la taille moins belle?