SCÈNE XVIII.
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Peste soit qui premier trouva l'inventionDe s’affliger l’esprit de cette vision,
Et d’attacher l’honneur de l'homme le plus sageAux choses que peut faire une femme volage!
Puisqu'on lient, à bon droit, tout crime personnel,
Que fait là notre honneur pour être criminel?
Des actions d’autrui l’on nous donne le blâme :
Si nos femmes sans nous ont un commerce infâme,
11 faut que tout le mal tombe sur notre dos :
Elles font la sottise, et nous sommes les sots.
C’est un vilain abus, et les gens de policeNous devraient bien régler une telle injustice.N'avons-nous pas assez des autres accidentsQui nous viennent happer en dépit de nos dents?
Les querelles, procès, faim , soif, et maladie,Troublent-ils pas assez le repos de la vie,
Sans s’aller de surcroît aviser sottement
De se faire un chagrin qui n’a nul fondement ?
Moquons-nous de cela, méprisons les alarmes,
Et mettons sous nos pieds les soupirs et les larmes.
Si ma femme a failli, qu’elle pleure bien fort;
Mais pourquoi, moi, pleurer, puisque je n’ai point tort ?En tous cas, ce qui peut m’ôter ma fâcherie,
C’est que je ne suis pas seul de lha confrérie.
Voir cajoler sa femme, et n’en témoigner rien,
Se pratique aujourd’hui par force gens de bien.
N’allons donc point chercher à faire une querellePour un affront qui n’est que pure bagatelle.
E’on m’appellera sot, de ne me venger pas :
Mais je le serais fort, de courir au trépas.
( Mettant la main sur sa poitrine. )
Je me sens là pourtant remuer une hileQui veut me conseiller quelque action virile.
Oui, le courroux me prend; c’est trop être poltron :
Je veux résolument me venger du larron.
Oéjà, pour commencer, dans l’ardeur qui m’enflamme,Je vais dire partout qu’il couche avec ma femme.
SCÈNE XYIII.
GORGIBUS, CÉLIE, la suivante de Célie.
CÉLÏE.
Oui, je veux bien subir une si juste loi,