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Tome I.
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SCÈNE XXII. 203

LÉLIE, faisant deux ou trois pas sans dessein, fait retourner Sga-narelle, qui s’approchait pour le tuer.

Puisqu'un pareil discours émeut votre colère, ■

Je dois de votre cœur me montrer satisfait,

Et l'applaudir ici du beau choix qu’il a fait.

CÉLIE.

Oui, oui, mou choix est tel qu'on n’y peut rien reprendre.

LÉLIE.

Allez, vous faites bien de le vouloir défendre.

SGANARELLE.

Sans doute, elle fait bien de défendre mes droits.

Cette action, Monsieur, n’est point selon les lois :

J’ai raison de m’en plaindre ; et, si je n’étais sage,

On verrait arriver un étrange carnage.

LÉLIE.

D’où vous naît cette plainte, et quel chagrin brutal...?

SGANARELLE.

Suffit. Vous savez bien où le bât me fait mal;

Mais votre conscience et le soin de votre âme

Vous devraient mettre aux yeux que ma femme est mafemme :

Et vouloir, à ma barbe, en faire votre bien,

Que ce n’est pas du tout agir en bon chrétien.

LÉLIE.

Un semblable soupçon est bas et ridicule.

Allez, dessus ce point n’ayez aucun scrupule :

Je sais qu’elle est à vous, et, bien loin de brûler...

CÉLIE.

Ah! qu’ici tu sais bien,‘traître, dissimuler!

LÉLIE.

Quoi! me soupconnez-vous d’avoir une penséeDe qui son âme ait lieu de se croire offensée ?

De celte lâcheté voulez-vous me noircir ?

CÉLIE.

Parle, parle à lui-méme, il pourra t'éclaircir.

SGANARELLE , il Célie.

' °us me défendez mieux que je ne saurais faire :

Et du biais qu'il faut vous prenez cette affaire.

SCÈNE XXII.

PÉL1E, LÉLIE, SGANARELLE, la femme de Sganarelle,

LA SUIVANTE I)IÏ CÉLIE.

LA FEMME DE SGANARELLE.

ne suis point d’humeur à vouloir contre vous