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Tome I.
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ACTE I. SCÈNE VI.

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ERGASTE.

Et de quoi ?

VALÈRE.

De quoi ? C’est que j'enrageDe voir celle que j'aime au pouvoir d'un sauvage,D'un dragon surveillant, dont la sévéritéNe lui laisse jouir d’aucune liberté.

ERGASTE.

C’est ce qui fait pour vous ; et sur ces conséquencesVotre amour doit fonder de grandes espérances.Apprenez, pour avoir votre esprit raffermi,

Qu’une femme qu’on garde est gagnée à demi,

Et que les noirs chagrins des maris ou des pèresOnt toujours du galant avancé les affaires.

Je coquette fort peu, c’est mon moindre lalent,

Et de profession je ne suis point galant ;

Mais j’en ai servi vingt de ces chercheurs de proie,Qui disaient fort souvent que leur plus grande joieÉtait de rencontrer de ces maris fâcheux,

Qui jamais sans gronder ne reviennent chez eux ;

De ces brutaux fieffés qui, sans raison ni suite,

De leurs femmes en tout contrôlent la conduite,

Et, du nom de mari fièrement se parants,

Leur rompent en visière (1) aux yeux des soupirants.On en sait, disent-ils, prendre ses avantages;

Et l’aigreur de la dame à ces sortes d’outrages,

Dont la plaint doucement le complaisant témoin,

Est un champ à pousser les choses assez loin ;

En un mot, ce vous est une attente assez belleQue la sévérité du tuteur d’Isabelle.

VALÈRE.

Mais, depuis quatre mois que je l’aime ardemment,Je n’ai pour lui parler pu trouver un moment.

ERGASTE.

L’amour rend inventif; mais vous ne l’êtes guère :

Et si j’avais été...

VALÈRE.

Maisqu’aurais-tu pu faire,

famille, le changement a été inverse : on disait anciennement départie ; oudit aujourd’hui départ. (A.) — On voit tin exemple du mot départie pour dé-part dans la chanson de Henri IV à la belle O-abrielle.

(1) Rompre en visière, contredire avec violence. Voyez la note des Fâcheux ,act ® I, scène x.