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LES FACHEUX.
Cher marquis, et d’abord je suis à toi venu.
Comme à de mes amis, il faut que je te chanteCertain air que j'ai fait de petite courante (t),
Qui de toute la cour contente les experts,
Et sur qui plus de vingt ont déjà fait des vers-.
J'ai le bien, la naissance, et quelque emploi passable.
Et fais figure en France assez considérable ;
Mais je ne voudrais pas, pour tout ce que je suis,
N’avoir point fait cet air qu’ici je te produis.
( Il prélude. )
La, la, hem, hem; écoute avec soin, je te prie
(il chante sa courante.)
N’est-elle pas belle ?
ÉRASTE.
Ah!
LISVNimE.
Cette fin est jolie.
(il rechante latin quatre ou cinq fois de suite.)Comment la trouves-tu?
ÉRASTE,
Fort belle, assurément.LISANURE.
Les pas que j'en ai faits n'ont pas moins d'agrément,
Et surtout la figure a merveilleuse grâce.
(il chante , parle et danse tout ensemble, et fait faire à Krasteles figures de la femme.)
Tiens, l'homme passe ainsi; puis la femme repasse :Ensemble; puis on quitte, et la femme vient là.
Vois-tu ce petit trait de feinte que voilà ?
Ce fleuret ? ces coupés courant après la belle ?
Dos à dos, face à face, en se pressant sur elle.
Que t’en semble, marquis ?
ÉRASTE.
Tous ces pas-là sont tins.
LISANDRE.
Je me moque, pour mol, des maîtres baladins (2):
ÉRASTE,
On le voit.
LISANDRE.Les pas donc ?
(1) Contante, ancienne danse, dont la mesure est lente. Ce mot signifie aussile chant sur lequel on mesure les pas d’une courante.
(2) Comme baladin signifiait alors danseur de théâtre, il est présumable quemaître baladin répondait à ce que nous nommons maître des ballets (AJ