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Tome I.
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L’ÉCOLE DES FEMMES.

D'un avare à l'instant il fait un libéral,

Cn vaillant (l'un poltron, un civil d'un brutal;

II rend agile à tout l’àme la plus pesante,

Et donne de l’esprit à la plus innocente.

Oui, ce dernier miracle éclate dans Agnès;

Car, tranchant avec moi par ces termes exprès ;

« Retirez-vous, mon âme aux visites renonce,

« Je sais tous vos discours, et voilà ma réponse, »Cette pierre ou ce grès, dont vous vous étonniez,Avec un mot de lettre est tombée à mes pieds,

Et j'admire de voir cette lettre ajustéeAvec le sens des mots, et la pierre jetée.

D’une telle action n'êtes-vous pas surpris?

L’amour sait-il pas l’art d’aiguiser les e(prits?

Et peut-on me nier que ses flammes puissantesNe fassent dans un cœur des choses étonnantes ?Que dites-vous du tour et de ce mot d'écrit?

Euh! n'admirez-vous point cette adresse d esprit ?Trouvez-vous pas plaisant de voir quel personnageA joué mon jaloux dans tout ce badinage ?

Dites.

ARNOLPIIE.

Oui, fort plaisant.

HORACE.

Riez-en donc un peu.

» ( Arnolphe rit d’un air forcé. )

Cet homme, gendarmé d’abord contre mon feu,

Qui chez lui se retranche, et de grès fait parade,Comme si j'y voulais entrer par escalade;

Qui, pour me repousser, dans son bizarre effroi,Anime du dedans tous ses gens contre moi ;

Et qu'abuse à ses yeux, par sa machine même,

Celle qu'il veut tenir dans l’ignorance extrême!Pour moi, je vous l'avoue, encor que son retourEn un grand embarras jette ici mon amour,

Je tiens cela plaisant autant qu’on saurait dire;

Je ne puis y songer sans de bon cœur en rire ;

Et vous n'en riez pas assez, à mon avis.

ARNOLPME, avec ira ris forcé.

Pardonnez-moi, j'en ris tout autant que je puis.

HORACE.

Mais il faut qu’en ami je vous montre la lettreTout ce que son cœur sent, sa main a su l’y mettre.Mais en termes touchants et tout pleins de bonté,