ACTE XV, SCÈNE I.
Et c’est mon désespoir et ma peine mortelle.
Je soutire doublement dans le vol de son cœur;
Et l'amour y pâtit aussi bien que l’honneur.
J'enrage de trouver cette place usurpée,
Et j'enrage de voir ma prudence trompée.
Je sais que, pour punir son amour libertin,
Je n’ai qu'à laisser faire à son mauvais destin,
Que je serai vengé d’elle par elle-même ;
Mais il est bien fâcheux de perdre ce qu’on aime.Ciel! puisque pour un choix j’ai tant philosophé.Faut-il de ses appas m’être si fort coiifé !
Elle Va ni parents, ni support, ni richesse;
Elle trahit mes soins, mes bontés, ma tendresse :
Et cependant je l’aime, après ce lâche tour,
Jusqu'à ne me pouvoir passer de cet amour.
Sot, n'as-tu point de honte? Ah! je crève, j'enrage,El je souffletterais mille fois mon visage.
Je veux entrer un peu, mais seulement pour voirQuelle est sa contenance après un trait si noir.
Ciel, faites que mon front soit exempt de disgrâce;Ou bien, s'il est écrit qu’il faille que j’y passe,Donnez-moi tout au moins, pour de tels accidents,La constance qu’on voit à de certaines gens !
ACTE QUATRIÈME.
SCÈNE PREMIÈRE.
ARNOLPHE.
J ai peine, je l’avoue, à demeurer en place,
Et de mille soucis mon esprit s’embarrasse,
Pou r pouvoir mettre un ordre et dedans et dehors,.Qui du godelureau rompe tous les efforts.
Oe quel œil la traîtresse a soutenu ma vue !
De tout ce qu'elle a fait elle n’est point émue;
Et, bien quelle me mette à deux doigts du trépas,O» dirait, à la voir, qu’elle n’y touche pas.
Plus, en la regardant, je la voyais tranquille,
E!us je sentais en moi s’échauffer une bile ;
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