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L’ECOLE DES FEMMES. .
Et ces bouillants transports dont s'enflammait mon cœurY semblaient redoubler mon amoureuse ardeur.
J’étais aigri, fâché, désespéré contre elle;
Et cependant jamais je ne la vis si belle,
Jamais ses yeux aux miens n'ont paru si perçants,Jamais je n’eus pour eux des désirs si pressants ;
Et je sens là dedans qu'il faudra que je crève,
Si de mou triste sort la disgrâce s’achève.
Quoi! j’aurai dirigé son éducationAvec tant de tendresse et de précaution ;
Je l’aurai fait passer chez moi dès son enfance,
Et j’en aurai chéri la plus tendre espérance ;
Mon cœur aura bâti sur ses attraits naissants,
Et cru la mitonner pour moi durant treize ans,
Afin qu’un jeune fou dont elle s’amouracheMe la vienne enlever jusque sur la moustache,Lorsqu’elle est avec moi mariée à demi !
Non , parbleu ! non, parbleu ! Petit sot, mon ami,
Vous aurez beau tourner, ou j'y perdrai mes peines,
Ou je rendrai, ma foi, vos espérances vaines,
Et de moi tout à fait vous ne vous rirez point.
SCÈNE IL
UN NOTAIRE, ARNOLPHE.
I.E NOTAIRE.
Ah! le voilà! Bonjour. Me voici tout à pointPour dresser le contrat que vous souhaitez faire.
ARNOLPHE, se croyant seul, et sans voir ni entendre le notaireComment faire ?
LE NOTAIRE.
11 le faut dans la forme ordinaire.
ARNOLPHE , se croyant seul.
A mes précautions je veux songer de près.
LE NOTAIRE.
Je ne passerai rien contre vos intérêts.
ARNOLPIIE , sc croyant seul.
Il se faut garantir de toutes les surprises.
LE NOTAIRE.
Suffit qu’entre mes mains vos affaires soient mises11 ne vous faudra point, de peur d’être déçu,
Quittancer le contrat que vous n’ayez reçu.