Non.
SCÈNE III.
CLIMÈNE.
361
UIUNIE.
Vouéz-vous que.l’on vous délace?
CLIMÈNE.
Mon Dieu, non. Ah!
UIUNIE.
Quel est donc votre mal ! et depuis quand vous a-t-il pris?
CLIMÈNE.
U y a plus de trois heures, et je l'ai rapporté du Palais-Royal (1).
URANIE.
Comment?
CLIMÈNE.
Je viens de voir, pour mes péchés, cette méchante rapso-die de l'École des femmes. Je suis encore en défaillance dumal de cœur que cela m a donné, et je pense que je n’en re-viendrai de plus de quinze jours.
ÉLISE.
Voyez un peu comme les maladies arrivent sans qu’on ysonge !
UIUNIIi.
Je ne sais pas de quel tempérament nous sommes, macousine et moi; mais nous fûmes avant-hier à la môme pièce,et nous en revînmes toutes deux saines et gaillardes.
CLIJIÈNE.
Quoi! vous lavez vue?
URANIE.
Oui ; et écoulée d’un bout à l'autre.
CLIMÈNE.
Et vous n’en avez pas été jusques aux convulsions, machère ?
UR VNIE.
Je ne suis pas si délicate, Dieu merci ; et je-trouve, pourmoi, que cette comédie serait plutôt capable de guérir lesgens que de les rendre malades.
CLIMÈNE.
Ali. mon Dieu ! que dites-vous là? Cette proposition peut-elle être avancée par une personne qui ait du revenu en senscommun? Peut-on impunément, comme vous faites, rom-pre en visière à la raison ? cl, dans le vrai de la chose, est-il un esprit si affamé de plaisanterie, qu’il puisse tâter des fa-daises dont celte comédie est assaisonnée? Pour moi, je vous
CI J Lu troupe de Molière jouait alors sur le théâtre du Pelai?,-Royal.Molière. — T. i. 21