SCÈNE I.
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MADEMOISELLE .DU PARC.
Pour moi, je vous déclare que je ne me souviens pas d'unmot de mon personnage.
MADEMOISELLE DE BRIE.
Je sais bien qu'il me faudra souffler le mien d un bout àl'autre.
MADEMOISELLE BÉJART.
Et moi, je me prépare fort à tenir mon rôle à la main,
MADEMOISELLE MOLIÈRE.
Et moi aussi.
MADEMOISELLE HERVÉ.
Pour moi, je n'ai pas grand’chose à dire.
MADEMOISELLE I)U CROISY.
Ni moi non plus-, mais, avec cela, je ne répondrais pas dene point manquer.
DU CROISY.
J’en voudrais êlre quitte pour dix pistoles.
BRÉCOURT.
Et moi, pour vingt bons coups de fouet, je vous assure.
MOLIÈRE.
Vous voilà tous bien malades, d’avoir un méchant rôle àjouer! Et que feriez-vous donc si vous étiez en ma place?
MADEMOISELLE BÉJART.
Qui, vous? vous n’êtes pas à plaindre; car ayant fait laPièce, vous n’avez pas peur d’y manquer.
MOLIÈRE.
Et n’ai-je à craindre que le manquement de mémoire? Necomptez-vous pour rien l’inquiétude d’un succès qui ne re-garde que moi seul? Et pensez-vous que ce soit uneaffaire que d’exposer quelque chose de comique devant uneassemblée comme celle-ci? que d’entreprendre de faire riredes personnes qui nous impriment le respect et ne rient quefluand elles veulent. ?Est-il auteur qui ne doive trembler lors-qu'il en vient à celte épreuve? Et n'cst-ce pas à moi de dire'lue je voudrais en être quitte pour toutes les choses duinonde?
MADEMOISELLE BÉJART.
Si cela vous faisait trembler, vous prendriez mieux vosPrécautions, et n’auricz pas entrepris en huit jours ce quev °us avez fait.
MOLIERE.
Le moyen de m’en défendre, lorsqu’un roi me l'a com-mandé ?