L’IMPEOMPTU DE YEESAILLES.
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MADEMOISELLE DEJ UIT.
Le moyen ? Une respectueuse excuse fondée sur l’impossi-bilité de la chose, dans le peu de temps qu'on vous donne ; ettout autre, en votre place, ménagerait mieux sa réputation,et se serait bien gardé de se commettre comme vous faites.Où en serez-vous, je vous prie, si l'affaire réussit mal;et quel avantage pensez-vous qu’en prendront tous vos en-nemis?
MADEMOISELLE DE BRIE.
En effet, il fallait s'excuser avec respect envers le roi, oudemander du temps davantage.
MOLIÈRE.
Mon Dieu ! Mademoiselle, les rois n’aiment rien tant qu'uneprompte obéissance, et ne se plaisent point du tout à trouverdes obstacles. Les choses ne sont bonnes que dans le tempsqu'ils les souhaitent ; et leur en vouloir reculer le diver-tissement est en ôter pour eux toute la grâce. Ils veulent desplaisirs qui ne se fassent point attendre, et les moins prépa-rés leur sont toujours les plus agréables. Nous ne devons ja-mais nous regarder dans ce qu'ils désirent de nous ; nous nesommes que pour leur plaire; et lorsqu’ils nous ordonnentquelque chose, c’est à nous à profiter vite de l'envie où ilssont. Il vaut mieux s'acquitter mal de ce qu’ils nous deman-dent , que de nes'en acquitter pas assez tôt ; et si l’on a la hontede n'avoir pas bien réussi, on a toujours la gloire d'avoirobéi vite à leurs commandements. Mais songeons à répéter,s'il vous plaît.
MADEMOISELLE RÉJ ART.
Comment prétendez-vous que nous fassions, si nous ne sa-vons pas nos rôles ?
MOLIÈRE.
Vous les saurez, vous dis-je ; et quand même vous ne lessauriez pas tout à fait, 11e pouvez-vous pas y suppléer de vo-tre esprit, puisque c’est de la prose et que vous savez votresujet ?
M ADEMOISEI.LE RÉJ ART.
Je suis voire servante. La prose est pis encore que les vers.
M ADEMOISELLE MOLIÈRE.
Voulez-vous que je vous dise? vous deviez faire une co-médie où vous auriez joué tout seul.
MOLIÈRE.
Taisez-vous, ma femme, vous êtes 1111e bête.
M ADEMOISELLE MOLIÈRE.
Grand merci, monsieur mon mari. Voilà ce que c'est ! Le